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Grippe A/H1N1
Pour répondre à vos interrogations concernant la grippe AH1N1, nous vous proposons cinq questions/réponses, ainsi que le communiqué de presse concernant la grippe chez les patients atteints de maladies inflammatoires. Merci à l'association polyarthrite pour ce résumé de la situation ! Vous trouverez également dans notre trimestriel de septembre un article reprenant les principaux conseils par rapport à la grippe.
Questions/réponses :
Q1 : Si je suis atteint d’une maladie auto-immune (différents types d’arthrites), pourquoi suis-je une personne plus exposée que les autres à toutes sortes d’infections, dont la grippe A/H1N1 ? - Comme nous sommes atteints d’un dérèglement du système immunitaire, nous sommes plus sensibles. Notre système immunitaire, de par nos maladies, est moins efficace pour lutter contre les infections d’une manière générale.
- Certains d’entre nous sont sous une médication qui influence elle-même le fonctionnement du système immunitaire (corticoïdes, biothérapies anti tnf alpha, methotrexate, autres immunosuppresseurs). A cause de ces traitements, notre organisme peut parfois moins bien se défendre en cas d’infection.
-En revanche, des médicaments comme l’aspirine, l’ibuprofène, ou le diclofénac (voltaren) ne présentent aucun risque pour le patient d’un point de vue infectieux.
Q2 : Faut-il se faire vacciner contre la grippe A/H1N1 ? La vaccination est-elle conseillée si l’on souffre d’arthrite ? - On a rapporté quelques cas où, après vaccination, les patients arthritiques ont eu une exacerbation des symptômes cliniques, c'est-à-dire que la vaccination a, semble-t-il, aggravé leur arthrite. Ces quelques cas existent. Cependant les médecins rappellent que la vaccination contre la grippe reste grandement avantageuse dans le cas de nos pathologies dans la mesure où nos organismes sont plus faibles pour se défendre contre les infections. La vaccination contre la grippe est vivement conseillée.
- Le vaccin contre la grippe est un vaccin non vivant, c'est-à-dire qu’il a été fait à partir d’un virus mort découpé en petits morceaux. Il ne présente donc aucun risque pour la santé pour les patients atteints d’arthrite. Ce qui n’est pas le cas pour les vaccins comme celui de la fièvre jaune, qui est un vaccin dit « vivant » préparé à partir d’un virus présentant une activité.
- Les médecins nous précisent également que les pneumocoques sont des bactéries très dangereuses qui peuvent nous infecter secondairement à une grippe, la grippe favorisant leur installation dans notre système respiratoire. Il existe une vaccination sans risque contre les pneumocoques qui s’effectue tous les 5 ans. Si vous êtes atteint d’arthrite et sous traitement, la vaccination contre le pneumocoque est vivement conseillée.
Q3 : Si je me fais vacciner contre la grippe, étant donné que je suis atteint d’arthrite et sous traitement immuno–suppresseur, le vaccin va-t-il être aussi efficace chez moi que chez une personne non malade ? Dois-je également me faire vacciner contre la grippe saisonnière (grippe classique) ?
- Les médecins admettent que le vaccin peut parfois être légèrement moins efficace chez des patients présentant des dérèglements du système immunitaire. Ils rappellent cependant que les bénéfices d’une vaccination sont importants.
- Il est recommandé cette année de se faire vacciner à la fois contre la grippe A/H1N1( dite grippe pandémique) mais aussi contre la grippe classique ( saisonnière).
Q4 : Les symptômes classiques de la grippe (augmentation de la température, douleurs musculaires, diarrhée, vomissements) sont-ils les mêmes chez les patients présentant des troubles de l’immunité que chez les personnes non malades ? -Les traitements immunosuppresseurs peuvent modifier notre température. Donc nous pouvons être atteints d’une grippe tout en ayant une température en apparence normale (37,5°C), alors qu’une personne qui n’est pas sous traitement immunosuppresseur pourra avoir des pics de température allant jusque 40°C. Ces cas de températures en apparence normales chez les arthritiques sous traitement ne sont pas une généralité ; cependant, en cas des symptômes ci-dessus, il convient de consulter immédiatement son médecin généraliste, qui évaluera avec vous la situation.
En cas de grippe A/H1N1, votre médecin vous prescrira le traitement usuel pour cette grippe (antiviraux) comme au reste de la population. Votre évolution devra en revanche être suivie de près.
Q5 : Si je suis diagnostiqué malade de la grippe A/H1N1 et que je suis sous traitement pour de l’arthrite, dois-je arrêter mon traitement ? Tout dépend du traitement que vous prenez :
* Si vous être sous biothérapie (anti TNF) la réponse est OUI. Vous devrez stopper votre traitement temporairement. Par exemple, vous êtes diagnostiqué porteur de la grippe aujourd’hui et votre injection d’anti TNF était prévue dans 3 jours, dans ce cas ne faites pas votre injection cette fois-ci. Attendez d’être complètement guéri de votre grippe pour reprendre vos injections d’anti TNF de façon régulière et normale. Une courte interruption du traitement anti TNF (1 à 2 semaines) n’aura pas d’incidence sur l’efficacité future du traitement.
* Si vous prenez de la cortisone pour soulager votre arthrite, la réponse est NON. Il ne faut jamais arrêter brusquement un traitement à base de cortisone. En effet la cortisone est une hormone naturelle et nécessaire fabriquée par notre corps. Elle nous aide à réagir en cas de stress : exemple, lorsqu’un danger arrive sur nous, nous devons nous activer pour l’éviter, c’est là que la cortisone intervient et nous aide dans notre réaction de protection. Lorsqu’un patient prend de la cortisone en comprimé, son corps s’arrête de sécréter de la cortisone pendant un certain temps étant donné qu’on lui en fournit par nos médicaments. Arrêter brutalement un traitement à base de cortisone serait très dangereux pour l’organisme, car celui-ci met un certain temps à redémarrer sa production naturelle de cortisone.
Ces questions-réponses sont les interrogations les plus fréquemment évoquées par les patients chez leurs médecins. Si vous avez des doutes, n’hésitez pas à consulter votre généraliste ou votre spécialiste qui pourra vous éclairer.
COMMUNIQUE DE PRESSE - Bruxelles, le 23 septembre 2009
PATIENTS ATTEINTS D’ARTHRITES, DE MALADIES INFLAMMATOIRES INTESTINALES OU DE PSORIASIS: RECOMMANDATIONS CONCERNANT LA PREVENTION ET LE TRAITEMENT DE LA GRIPPE
Les recommandations du groupe de travail ‘Influenza et maladies inflammatoires chroniques’ du Commissariat interministériel Influenza,ont été discutées au sein d'une table ronde à Bruxelles avec des représentants des associations de patients le mercredi 23 septembre.
Le groupe des affections inflammatoires immunomédiées comporte entre autres les maladies rhumatismales (telles que la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, la spondylarthrite ankylosante et l’arthrite psoriasique), les inflammations intestinales chroniques (dont la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse) et enfin les maladies de la peau (comme le psoriasis).
Une caractéristique commune de ces maladies est la manifestation d’une réaction inflammatoire chronique, qui se traite souvent à l’aide de médicaments qui affaiblissent le système immunitaire (ce que l’on appelle l’immunothérapie). Les traitements qui peuvent réduire les défenses sont notamment la cortisone, le méthotrexate, l’azathioprine et les nouveaux médicaments tels que les agents bloquant le TNF. Les patients atteints d’une maladie inflammatoire chronique, et particulièrement ceux sous immunothérapie, sont plus enclins à développer des infections. De plus, dans ce groupe de patients, les infections peuvent vite prendre une autre tournure et les symptômes d’alarme comme la fièvre sont parfois moins prononcés. Les médicaments à base d’aspirine (ex. : diclofenac, piroxicam, ibuprofen), les médicaments contre la malaria, la sulfasalazine et la mésalazine n’affaiblissent pas les défenses et n’entraînent pas de risque infectieux accru.
A la lumière d’une possible propagation pandémique de la grippe A/H1N1, un certain nombre de mesures de précautions supplémentaires sont de mise pour les patients souffrant de maladies inflammatoires chroniques sous immunothérapie. Premièrement, les patients appartenant à ce groupe à risque ont tout intérêt à bien se faire vacciner, non seulement contre la grippe saisonnière mais aussi contre les pneumocoques, qui sont responsables d’un pourcentage important d’inflammations des poumons qui peuvent survenir comme complication en cas de grippe. Par ailleurs, le groupe de travail conseille à ces patients de consulter leur médecin généraliste dès qu’ils ont des symptômes qui pourraient faire penser à la grippe, comme de la fièvre, des douleurs musculaires et de la toux. Le généraliste est aussi la personne indiquée pour donner des conseils par rapport au traitement durant une exacerbation de la grippe. Lorsque le médecin traitant diagnostique une grippe chez ces patients, il peut mettre en route un traitement par antiviraux. De plus, tous les patients qui appartiennent à ces groupes à risque seront vaccinés gratuitement contre la grippe A/H1N1 dès que le vaccin sera disponible.
Tant pour les médecins que pour les patients : toutes les infos d’actualité sur la grippe A/H1N1 sont disponibles sur www. influenza.be.
Personne de contact:
Groupe de travail ‘Maladies inflammatoires chroniques et influenza’ du Commissariat national Influenza
Porte-parole: Prof. Filip De Keyser, Université de Gand, service de rhumatologie, filip.dekeyser@ugent.be
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